Un ancien couvent à l'architecture gothique au coeur de l'Alsace
Le musée est situé dans l’ancien couvent des dominicaines d’Unterlinden (sous les tilleuls) à l’architecture gothique, fondé au XIIIe siècle. La révolution entraîne la fermeture du couvent en 1792. Celui-ci devient musée grâce à un érudit local, Louis Hugot qui sauve en 1849 les bâtiments de la démolition : le couvent accueille une mosaïque gallo-romaine découverte à Bergheim et en 1852 les œuvres issues du séquestre révolutionnaire où figure déjà le retable d'Issenheim. Le musée ouvre ses portes au public le 3 avril 1853. Depuis, il est géré par la société Schongauer (fondée en 1847 par Louis Hugo). Autour du cloître et de la chapelle se déploient dans leur diversité les collections du musée.
Les primitifs rhénans
Le musée est essentiellement connu pour être une vitrine de l’art rhénan en France. Marquée par l’influence des Flandres, cette école très homogène offre un riche déploiement de panneaux peints sur bois et de sculptures polychromées (culte de la Vierge et des saints) de la fin du Moyen Âge à la Renaissance. Aux œuvres du Gothique international où les délicates silhouettes surgissent sur fond d’or (Crucifixion, vers 1400), succèdent des peintures plus intimistes (Retable de Stauffenberg, vers 1460) ou plus caricaturales (Retable de la Passion de gaspard Isenmann, 1465). L’artiste célèbre à la fin du XVe siècle est le colmarien Martin Schongauer réputé pour ses gravures admirées déjà par Albrecht Dürer.
Au début du XVIe siècle, la tendance à représenter la réalité humaine devient une des composantes de la peinture. Dans sa "Mélancolie", Cranach l’Ancien évoque un état d’âme en rejoignant les penseurs de la Réforme.
Le retable d'Issenheim
Exposé dans la chapelle, le Retable d'Issenheim est dû à deux grands maîtres du Gothique tardif : Grünewald pour les panneaux peints (1512-1516) et Nicolas de Haguenau pour la partie sculptée (vers 1515). Le choix de ces artistes est dû à Guy Guers, précepteur de la commanderie des Antonins de 1490 à 1516. Consacré à saint Antoine, le retable ornait le maître-autel de la commanderie d’Issenheim. L’ordre des chanoines hospitaliers recevaient, dans ce village au Sud de Colmar, les malades et les pèlerins venus prier saint Antoine, protecteur et guérisseur du mal des ardents (maladie provoquée par l’ergot de seigle).
Fermé, ce polyptique est centré sur la figure du Christ mort à la chair meurtrie, la "Crucifixion". Les autres panneaux, "la Résurrection, l’Annonciation, le Concert des Anges, la Nativité, la Tentation de saint Antoine et la Visite de saint Antoine à saint Paul", font du retable d'Issenheim une œuvre d’art totale.
Les sculptures de Nicolas de Haguenau occupent le centre de la caisse (reconstituée en 1930). Saint Antoine trône au milieu des docteurs de l’Eglise en tenant ses attributs : la règle de l’Ordre et le Tau avec à ses pieds le cochon, emblème des Antonins.
L’archéologie
Elle illustre le passé lointain de la moitié Nord du Haut-Rhin (du Néolithique à la période mérovingienne), à travers d'innombrables objets de la vie domestique issus d’ensembles funéraires. Quelques pièces majeures sont présentées : un rarissime poignard en fer, des parures princières, une exceptionnelle pyxide en or…
Les arts décoratifs
Une importante collection d’objets d’art invite le visiteur à cheminer du Moyen Age aux souvenirs de la Révolution et de l’Empire : la céramique est évoquée à travers les productions prestigieuses des manufactures de l’Est de la France, les étains alsaciens voisinent avec la collection d’orfèvrerie déployée autour du trésor des Trois-Épis, un ensemble exceptionnel d’armes de chasse et de guerre provenant de châteaux féodaux alsaciens.
Les arts et traditions populaires témoignent de la vie rurale en Alsace. Ils évoquent l’usage domestique d’objets tels que des moules, des jouets et des coffrets. Des reconstitutions d’intérieurs complètent cet aspect du patrimoine alsacien.
L’art moderne
La collection retrace quelques grandes tendances des avant-gardes depuis l’Impressionnisme jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les recherches sur la lumière au tournant du XXe siècle se lisent dans les œuvres de Bonnard, Delaunay et Monet.
Le dialogue engagé qui unit les artistes français et allemands (Baumeister, Bissier, Ernst) au cours du XXe siècle est une caractéristique de la collection. La collection privilégie également une relecture des mouvements de l’abstraction des années 1950-1960 (Hartung, Soulages, Bram van Velde).
Les arts graphiques permettent une découverte pertinente du courant de la Nouvelle Objectivité allemande des années 1920 avec des œuvres de Otto Dix, Max Beckmann et George Grosz. Ils sont riches également d’un fonds de collages surréalistes, de gravures de Friedlander, de compositions de Hans Reichel et de collages de Jeanne Coppel.
Par ailleurs, la collection d’art moderne n’est pas visible toute l’année (se renseigner au préalable).
Horaires d'ouverture :
mai-oct: lun-dim 9-18 h
nov-avril: lun, mer-dim 9-12h, 14-17h
fermé le 1.01, 1.05, 1.11 et 25.12
Adresse : 1 rue d'Unterlinden
68000 Colmar
FRANCE |
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